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Jos Dirix

Des chevaux et des taureaux en bronze qui respirent la puissance et la vitalité. Un artiste à la recherche de la forme ultime. Nous vous emmenons faire une intéressante plongée dans la vie et l’œuvre de l'artiste animalier Jos Dirix, pour lequel six semaines de vacances en Finlande se sont avérées déterminantes pour sa vie comme pour sa carrière.

Jeune homme, Jos Dirix (°1958) part en Finlande avec un groupe d’amis. Il ramasse du bois dans la forêt, achète un marteau et un burin, et sculpte ainsi sa première œuvre. Soutenu par les encouragements de son groupe d’amis, il continue à travailler chez lui et postule pour un emploi dans une fonderie de bronze renommée. C’est ainsi qu’il coule ses premières sculptures, un véritable processus d’apprentissage par la pratique.

 

Après cette période, il passe du Limbourg à l’Académie des arts d’Utrecht. Pour changer d’air, ainsi que pour soumettre son talent au jugement d’un public plus large. Dirix : « On ne se croit soi-même artiste que par la reconnaissance des autres. »

 

Mais surtout, Dirix trouve sa passion. « J’ai senti que mon énergie se mettait à bouillonner, que je pouvais évoluer mentalement. Qu’il s’agisse d’une sculpture de 5 cm ou de 1,8 ou 2,6 mètres, faire de l’art est un processus intellectuel. Être un artiste, c’est génial, mais c’est un travail dur et intense. »

L’art commence dans votre tête, puis passe dans vos tripes et sort de vos mains

Au départ, Jos réalise des sculptures de corps humains, et plus précisément des torses. Il trouve alors son inspiration dans son sport, le ju-jitsu, dans lequel l’accent est mis sur l’équilibre et la force. Lorsqu’il achète une ferme à Neer, dans le Limbourg néerlandais, et installe son atelier dans les écuries, ‘ses’ animaux viennent automatiquement à lui. Dirix : « En tant qu’artiste, vous êtes peut-être plus sensible à votre environnement que d’autres. De robustes chevaux primitifs Islandais ainsi que des taureaux vivent ici. J’avais trouvé ma vocation.

 

Je puise toujours mon inspiration de base dans l’animal lui-même. C’est quelque chose qu’il faut pouvoir ‘sentir’. Il faut être capable de voir comment l’animal se déplace. Avec les Islandais, par exemple, j’analyse le tölt, une allure typique de ces chevaux. J’étudie vraiment mon sujet. Quelle est l’anatomie ? Quel est le comportement ? Qu’est-ce qui anime l’animal ? Je continue jusqu’à ce que mon objet d’étude ait une personnalité. Chaque sculpture est un nouveau voyage d’étude. ‘Little hunter’, par exemple, est une panthère que j’ai vue lors d’un safari en Afrique.

 

Mes sculptures en bronze sont toujours le fruit de mon imaginaire, une interprétation de la réalité. Sculpter, c’est exagérer et renforcer. En tant qu’artiste, je veux toucher la ‘tension’. Un instant de la vie, que je ‘capture’ dans le bronze. Je ne veux pas faire de sculptures insipides, mais un puissant cheval Jos Dirix. »

 

Un bel exemple en est ‘A horse called Corona’. Le cheval représente l’arrêt de la vie pendant la pandémie ainsi que la peur d’être ‘à la merci’ qui caractérisait cette période. Il y a une belle histoire derrière cette sculpture. Dirix : « Pendant cette période, je suis revenu à mes premières amours et j’ai sculpté mon premier cheval Corona dans le bois d’un de mes tilleuls. Cette sculpture mesure 2,60 mètres. Après l’avoir redimensionnée, je l’ai ‘transposée’ dans une sculpture en bronze de 70 cm, avec une patine couleur bois. »

‘Jouer’ avec des volumes essentiels, à la recherche de la forme ultime

Les tailles variées de ses œuvres, qui vont de 5 cm à 2,6 mètres, sont typiques de cet artiste animalier de renommée internationale. « On reconnaît le maître à ses dimensions », déclare-t-il à ce sujet. « Une grande sculpture n’est pas nécessairement meilleure. Mais une grande et bonne sculpture est un signe de savoir-faire. Vous vous lancez dans un travail de plus grande taille lorsque vous commencez à explorer vos limites. Vous commencez par franchir plusieurs étapes, puis vous osez vous attaquer au travail de plus grande dimension.

 

Mon objectif en tant qu’artiste est toujours de rechercher la forme ultime. S’améliorer à chaque fois, faire un pas en avant et, surtout, ne pas répéter ce qu’on a déjà fait. C’est un processus infini. Quelque chose que vous pouvez faire toute votre vie. C’est pourquoi je ne dis jamais directement adieu à une sculpture lorsqu’elle est terminée. Je la garde encore un certain temps, je la laisse décanter, puis je la réétudie. »

 

Que veut réaliser le Néerlandais avec son œuvre ? Dirix : « En tant qu’artistes, nous créons quelque chose de beau. J’aime que les gens puissent se ‘délecter’ de mon art, s’y reconnaître, l’apprécier et, qui sait, même l’acheter. »

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